Patrimoine et histoire :
L'étang asséché de Marseillette


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L'ETANG ASSÉCHÉ
DE MARSEILLETTE
Il y a 15 000 ans, la mer se retire peu à peu de la région, laissant un vaste étang derrière elle.
Cassini de Thury, César-François - 1714-1784. Cartographe
Assèchement, première période

En 1585, la première tentative pour évacuer les 2 000 hectares d’eau stagnante où pullulaient les moustiques, vecteurs de nombreuses maladies, échoue (à cause des guerres).

En 1605, sur les conseils de Sully et d’Olivier de Serres, premier encyclopédiste agricole, est pris le décret royal d’assèchement impératif de l’étang.

Les travaux ne commencent vraiment qu’en 1628, sous le règne de Louis XIII, conseillé par Richelieu. Une tranchée qui traverse Puichéric permet d’évacuer les eaux dans le fleuve Aude : c’est la rigole de l’Étang.

En 1638, Théophile Ranchin termine l’assèchement de cette partie basse de la cuvette, mais l’entretien des canaux est négligé et les cultures abandonnées suite à une épidémie de peste et à une guerre, et la plus grande partie des terres est à nouveau recouverte par les eaux.

Entre 1644 et 1647, les Ranchin font construire, sur les bords de l’étang, le château de Fonfile où ils s’installent pour surveiller les travaux de dessèchement et de culture simultanés.

L’étang asséché est cultivé en partie mais un apport d’eau douce autre que l’eau de pluie aurait été nécessaire pour rendre ces terres vraiment cultivables.

En 1677, Daniel de Ranchin a pratiquement abandonné l’étang.

Deuxième période

En 1759, Roudil de Berriac, seigneur de Ranchin et maire de Carcassonne, s’engage à dessécher l’étang de Marseillette dans un délai de huit ans. En 1760, il obtient par un arrêt du Conseil du roi Louis XV l’attribution exclusive des droits d’assèchement.

L’étang est acquis en 1778 par un ingénieur, membre de l’académie des sciences de Toulouse, Monsieur de Garipuy qui s’est déplacé en Hollande pour étudier les travaux de dessèchement. À la mort de ce dernier, l’étang est acheté par Madame Riquet de Caraman au nom des propriétaires du Canal du Languedoc.

En 1789, l’étang devient propriété de l’État.


Troisième période

En 1804, l’étang est revendu sous condition que le dessèchement soit terminé dans un délai de 4 ans.

Il est alors acquis par Madame Lawless, irlandaise. Elle fait procéder au recreusement et à l’élargissement de la rigole de l’Aiguille et reconstruire sur trois arches l’aqueduc des plaines. Trois autres rigoles sont ouvertes dans l’intérieur de l’étang et forment ensemble une longueur de 8977 m. Ces rigoles d’évacuation sont celles qui existent encore aujourd’hui.

Madame Lawless fait construire sur les 2000 hectares 18 métairies.

En 1834, on récolte dans l’étang blé, avoine, orge mais la propriétaire est ruinée.

En 1844, expropriation du domaine en faveur de la caisse hypothécaire de France.

Les efflorescences salines tuent la végétation. On souffre du manque d’eau, il faudrait submerger les terres pour les dessaler. On a l’idée de dériver dans l’étang une partie des eaux de l’Aude qui passe à deux kilomètres. Mais l’Aude et l’étang sont séparés par un plateau de 30 à 45 mètres de hauteur et cet obstacle paraît infranchissable.


Tunnel de Naudy

C’est la pièce maîtresse de l’alimentation des canaux d’irrigation de l’étang.

Le 20 octobre 1849, la construction d’une prise d’eau est autorisée pour irrigation et colmatage de la terre de l’étang. Les travaux commencent la même année.

Le tunnel est innauguré le 19 novembre 1851.

Le canal mesure 2135 mètres. Le passage sous le Canal du Midi n’a nécessité aucune réparation jusqu’à aujourd’hui.

Moins d’un an après le percement du tunnel, le 28 avril 1852, le domaine est revendu à une société civile. Les nouveaux propriétaires tentent la culture du riz à grande échelle et obtiennent de bons résultats mais cette culture est abandonnée en 1860 car les fièvres paludéennes ont entraîné des pétitions, la protestation des maires des villages riverains et des procès successifs.